Au-delà de l'accès, vers l'épanouissement : FAWE Africa et l'UNGEI ont défendu une éducation favorisant l'égalité des sexes lors de la Conférence sur l'Afrique de l'Est

NAIROBI, Kenya – Le 27 août, la 2e édition de la Conférence sur l’éducation en Afrique de l’Est, qui s’est tenue à l’hôtel Safari Park de Nairobi, a été le théâtre d’un débat passionnant et indispensable sur l’avenir de l’apprentissage. Organisée conjointement par le Forum des femmes africaines spécialistes de l’éducation (FAWE) Afrique et l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI), la session intitulée *’ Comment les approches transformatrices en matière de genre peuvent-elles favoriser l’apprentissage et l’égalité pour tous les apprenants : Construire un cadre pour l’inclusion, la responsabilité et l’impact ”,* a adressé un message fort aux acteurs de l’éducation de la région : l’inclusion doit aller au-delà du simple accès ; elle doit garantir que chaque apprenant soit pris en compte, soutenu et en mesure de s’épanouir.

Ce dialogue de haut niveau s'est inscrit dans le cadre plus large de la conférence, une plateforme stratégique visant à faire passer l'éducation au sein de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) du stade des engagements à celui d'un impact mesurable et durable. Alors que les systèmes éducatifs de toute l'Afrique de l'Est sont confrontés à des inégalités persistantes en matière d'accès et de qualité, la conférence a constitué un cadre essentiel pour cette discussion sur la manière de mettre en place des systèmes véritablement inclusifs.

Cette session a permis de réaffirmer une idée fondamentale : les approches visant à transformer les relations entre les genres ne se limitent pas à la scolarisation des filles, mais consistent à remodeler en profondeur l’environnement d’apprentissage afin qu’il soit équitable pour tous. La discussion est allée au-delà de la théorie pour mettre en lumière les réalités vécues par les apprenants les plus souvent laissés pour compte : les enfants en situation de handicap, les réfugiés et les minorités ethniques. Ces groupes, ont souligné les participants, sont fréquemment confrontés à la stigmatisation, à la discrimination et à un manque criant de visibilité au sein des systèmes éducatifs nationaux et des données.

S'appuyant sur les dernières réflexions en matière d'éducation sensible au genre, la discussion a souligné que, pour que l'éducation soit véritablement inclusive, elle doit reconnaître et s'efforcer activement de démanteler les rapports de force et les normes néfastes qui ont créé et perpétué les inégalités. Pour cela, il fallait dépasser une approche “ universelle ” au profit d’une approche s’attaquant activement aux obstacles spécifiques rencontrés par les différents groupes d’apprenants.

Afin de mettre en place un cadre solide favorisant l'inclusion, la responsabilité et l'impact, la session a permis d'identifier plusieurs priorités clés qui guideront la future collaboration entre FAWE Africa et l'UNGEI :

1. Identifier et venir en aide aux plus défavorisés : La première étape, et la plus cruciale, a consisté à identifier de manière systématique les apprenants laissés pour compte. Pour cela, il a fallu aller au-delà des données agrégées afin de comprendre les difficultés spécifiques rencontrées par les groupes marginalisés.

2. Renforcement des capacités des enseignants : La discussion a mis en évidence le rôle essentiel des enseignants dans la création de classes inclusives. Cela impliquait de développer à plus grande échelle des initiatives telles que la « pédagogie sensible au genre » (GRP) du FAWE, qui a permis de doter les éducateurs des compétences nécessaires pour favoriser des environnements d’apprentissage dans lesquels tous les élèves, indépendamment de leur genre, de leurs capacités ou de leur milieu social, puissent réussir.

3. Impliquer les parents et les communautés : comme l’ont démontré les modèles propres au FAWE, tels que les “ clubs de mères ’, un changement durable nécessite l’engagement actif et le soutien des parents et de la communauté au sens large pour remettre en cause les normes négatives et soutenir l’éducation des filles.

4. Renforcement des politiques et des mécanismes de responsabilisation : La session a appelé à la mise en place de politiques plus solides et plus responsables, allant au-delà de la simple rhétorique. Cela impliquait notamment l’élaboration et la mise en œuvre de mesures de protection efficaces pour préserver les enfants contre les abus et l’exploitation, un principe fondamental du partenariat entre le FAWE et des organisations telles que l’ANPPCAN.

5. Utilisation de données désagrégées : un large consensus s'est dégagé sur la nécessité d'utiliser des données désagrégées pour éclairer l'élaboration des budgets et suivre les bénéficiaires des interventions. Sans ces données détaillées, il était impossible de savoir si les interventions avaient réellement un impact sur les apprenants les plus vulnérables.

Un partenariat au service de la transformation La session organisée dans le cadre de la 2e Conférence sur l'éducation en Afrique de l'Est a témoigné du partenariat solide et durable entre FAWE Africa et l'UNGEI. Ces deux organisations défendent depuis longtemps la cause de l'égalité des sexes dans l'éducation, et cette collaboration représentait un effort stratégique visant à ancrer les principes de transformation en matière d'égalité des sexes au cœur de la politique régionale de l'éducation.

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